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Normalement, elles avaient tout prévu, du repas préparé par ma belle-mère, aux deux maîtres-nageurs, en passant par le matériel…

 

Mais, nous voilà arrivées toutes les quatre à l’entrée que la jolie hôtesse d’accueil du casino Barrière nous dit ne pas être au courant de notre venue. Une petite clope, et me voici la face de limace éclatée dans l’ascenseur un rien trop petit. Mais ma Lutine gère la mise en boîte et je monte au deuxième étage, avec un empressement de gamine, à qui on a promis une glace parfum vanille.

 

 

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La cabine de déshabillage puis plus tard d’habillage est juste faite pour un fauteuil roulant manuel. Je me retrouve levée par ma Lutine, pendant que Mimi et Mamoune me mette en maillot de bain. Je me mets à la verticale sans trop de mal. Thomas et Zacharie, les maîtres-nageurs, sont présents et aident mes aidantes : c’est un joli ballet bien organisé. Je jubile.

 

On berlificote un levé-assis du feu de dieu pour glisser sous mon postérieur ce qui va servir de sac à viande type transporteur. Enfin, me voilà surélevée, les jambes en l’air, la tête en bas, mais mes trois aides sont soit à mes côtés, soit dans l’eau.

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J’entends Zacharie dire à Mimi  : « je vous laisse la tête ».  Je me marre, déblatère quelques mots que personne ne comprend.  Les frites se positionnent presque naturellement sous mes genoux, mon dos et ma nuque. Puis, tel un éléphant de mer je me sens quitter la banquise pour me retrouver dans une eau à 34 °. Je ferme mes yeux et plonge ma tête dans l'eau où est diffusé une musique douce. Je m'abandonne...

 

 

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J’ai le vague sentiment d’avoir un air béa voire bêta. Je me sens sourire et frémir du haut des cheveux aux doigts de pieds. L’eau me porte et m’emporte. Je ferme les yeux, sent mes pieds massés, et mes mains doucement caressées : des bisous parsèment mes joues et mon cou. Je me laisse aller dans cet univers de chaleur et de tendresse.

 

 

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Mon corps d’habitude si lourd à porter et à supporter se fait léger, et j’en viens même à l’aimer.

 

 



Puis, je me décide à abandonner l’atmosphère confiné du bassin musical pour atterrir dans celui à jets et à bulles. Je suis transportée et redynamisée par l’eau bouillonnante et les jets sur mon dos et mon fessier. Rien de sensuel mais des sensations irréelles : je valdingue, dézingue et bourlingue au fil des courants. Je ris, je m’éclate dans les bras bienveillants et rassurants.

 

Puis, vint l’appel de la faim qui sonne la fin du barbotage et l’heure de l’habillage. On me hisse, me glisse, me sèche et m’assèche : fini la petite cabine et vive le couloir pour bien se mouvoir. Évidemment, je montre mon postérieur à mes maîtres-nageurs, qui ne semblent pas prendre peur.

On s’embrassent, mes sauveteurs ont du cœur et se félicitent d’avoir assurés pour leur première tétra. Je leurs dit qu’ils sont maintenant parés pour aider tous les handicapés. Ils ont l’air heureux, je suis ravie.

Une boustifaille au soleil. Je m’émerveille. Je suis bien et Mamoune, Mimi et la Lutine n’y sont pas pour rien.

 

Je vous aime fort les filles, et merci encore !!!!

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