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Trois fois par semaine, La-Soi-Fée va se décrasser dans sa douche aménagée. Pour tout le monde, c’est quelque chose de tout à fait normal et vite fait : pour nous Sla’ggueurs, c’est un parcours du combattant qui prend du temps.


Tout d’abord, il faut se déshabiller, ce qui n’est pas chose facile quand votre tête tend à embrasser le plancher, que votre dos s’enroule comme un escargot, que vos gambettes grelottent en ayant la bougeotte, et que vos orteils se recroquevillent façon chenille. Bien évidemment, l’hiver il faut en enlever des couches avant d’avoir accès à la douche…

Ma Lutine, mon avs se déshabille en même temps que moi : elle transpire, soupire, chavire, respire, et finit de me dévêtir. Ensuite arrive le premier transfert où l’enjeu est de pas me foutre par terre et de bien viser afin que mon fessier colle à la chaise percée et ne me fasse pas voyager au-delà du siège de douche où je suis sensée atterrir comme une mouche.

L’atterrissage étant réussi, il faut songer à me mouiller, me shampouiner, me décrasser, me frotter dans tous les coins et recoins : au fur et à mesure que le gant frotte et décrotte, mes bras tombent entraînant dans une danse moribonde mes mains qui gigotent et pianotent une mélodie de folie. Ma Lutine me rattrape et d’un geste leste remet tout ça en ordre de placement.

Mais mes yeux picotent et je n’ai rien au-dessus de la glotte pour pouvoir parler ou tout du moins baragouiner que j’ai du savon au fin fond de mes globes oculaires et qui commence à mousser tout près du cervelet ! Je rue dans un acte ultime d’insubordination, et là, mon avs relève mon menton : « tu respires !? »  et moi, j’aspire et bloque pour qu’elle m’arrose ma petite face de limace.

Ouf, c’est gagné, c’est un vrai ballet de gestuels compliqués, mais enfin La-Soi-Fée a terminé de se laver.


Reste le séchage et l’habillage, le crèmage et le parfumage avant d’atterrir doucement sur mon fauteuil roulant, et de me vêtir convenablement : je sors et après ma douchette tire furieusement sur ma clopinette. Je me détend enfin…. C’est aussi ça mon quotidien.