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Quand on est atteint de la maladie de Charcot, tétraplégique et muette, la relation au monde extérieur tend à se limiter : les déplacements sont restreints, votre rapport aux gens ne passent plus que par le regard, le temps est ponctué par les transferts, les soins, les toilettes et les siestes.

 

LES MOTS...

Pour autant, la qualité des échanges avec l’Autre a tendance à  se développer, à condition que le malade en ait l’envie, et son interlocuteur, la patience… Quand vos mots sont limités et que vous ne pouvez plus vous soucier du packaging, il vous reste à laisser tomber le coocooning pour limiter le timing.

Comment minimiser les mots en leur donnant la puissance du Sens ? Comment dire à l’Autre l’Essentiel dans une société où le superficiel  bouffe le Réel ?  Comment Exister en peu de mots, quand ceux-ci, partout, coulent à flots ?

Ce n’est déjà pas facile en situation à peu près normale, alors pour La-Soi-Fée, les difficultés sont démultipliées : et pourtant tirer l’essence des mots est vital pour continuer à Exister.

Moins vous avez de capacités pour vous exprimer, plus vos mots doivent être justement posés, et comme un parfum, idéalement dosé. Sinon, gare à l’énervement, aux malentendus, aux quiproquos et à la violence des mots. C’est le cas, quand on perd la voix avec ses aidants : l’émotion est forte avec une fille ou un mari ; les souvenirs du passé sont lourds à porter ; la compréhension n’est plus qu’une illusion ; les tensions émergent, les cerveaux gambergent et la culpabilisation rajoute une couche de pression à une situation déjà sous haute pressurisation.

Alors, les mots sortent, giclent et font mal, condensés d’énervements et de baisses de moral… « Laisse-moi, comprends rien, m’énerve, enrage, la paix, rien à foutre… », tous ces mots qui disent l’incompréhension et la Colère.

 

LE SILENCE...

Alors, avant ou après, il ne reste que le silence pour panser vos plaies, éviter les replays et vous confronter à la réalité. La réalité est Ce Silence dans lequel vous êtes enfermé, dans ce corps-prison dans lequel vos proches tentent de rentrer et par lequel  vous vous sentez violé, mais qui, lorsqu’ils cessent d’y pénétrer vous laisse tellement abandonné.

Pourtant, Ce silence est d’or, quand il permet de résister aux orages du dehors : le silence dans lequel se replie La-Soi-Fée pour observer. Observer les attitudes des gens ; les pourquoi du comment ; les piaillements des oiseaux qui soudainement paraissent si beaux ; le monde si vaste, les bipèdes et les plantes, les discussions et les pardons… Le silence pour s’imprégner d’un monde dans lequel, différemment, La-Soi-Fée continue d’avancer….

C’est donc de ce Silence que naît l’introspection, qui vous ouvre les portes d’un autre monde : la vie intérieure Qui tient le rôle de Sauveur.

L’analyse de son propre fonctionnement vous permez de lâcher prise en Dedans. L’extérieur cesse de vous agresser quand vous cesser de vous y confronter ! l’extérieur comme l’intérieur devient terrain d’expérimentation :  comment réagir à cette réflexion ? , pourquoi cette colère ?  Et d’un seul coup cette sérénité ? C’est le moment sur lequel veille Mon Attrape-Coleres, instant où vous pouvez passer de la dépression à l’excitation, du malheur au bonheur et vice versa.

Arrive enfin la méditation qui permet à La-Soi-Fée de se poser et de vivre l’instant présent quel qu’il soit, heureux ou douloureux, ce « faire avec ce que l’on est », loin des souhaits et des regrets. Juste être là puisque c’est Comme Ça.

Ce cheminement demande de la patience, de la bienveillance pour soi-même et pour les autres. Sachez que vivre sans actes et sans mots vous fait cogiter du ciboulot, pour le pire comme pour le meilleur. Laissez nous le temps de ce cheminement….

... Pour nous, pour vous, pour être Ensemble.

 

00moi et mon grand frère

 

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