Tout à commencé avec un gigantesque capharnaüm : lorsqu'une famille part en vacances, c'est déjà le bazar mais, rajoutez y des grands parents, une auxiliaire de vie et une grande Courgette, tétraplégique et muette, et vous avez le tableau bien dessiné d'un départ préparé pour deux semaines de congés de La-Soi-Fée. Pour pimenter le projet, vous imaginez encore un départ différé. En effet, Mon Terrien Préféré est parti trois jours plus tôt, du côté de la Loire avec mon adorable jolie belle-fille et nos deux derniers garçons, le Grand restant à la maison pour travailler avec passion (pffffff, n'importe quoi pour faire rimer les phrasés !). 

Donc arrêt sur image deux jours avant le départ de la première fournée : le salon est bourré de caisses à charger ; impossible de mettre une roue dans la cuisine sans craindre de finir en tajine ; pas de moyen de se retourner en fauteuil roulant dans un espace vacant... Le téléphone est greffé à l'oreille de Mon Terrien Préféré : le lit médicalisé est commandé, le soulève malade va arriver et le verticalisateur sera là en temps et heure. La-Soi-Fée se fait aussi minuscule qu'une virgule et médite pour éviter de péter une durite....

 

Ouf, voilà trois jours pour souffler.

Puis voilà le jour du départ en train pour La-Soi-Fée, sa Lutine et ses parents : levé à 4.30 du matin pour chopper le taxi affrété par la SNCF en gare de Molsheim. Bien évidemment, nous avons oublié que La-Soi-Fée mettait du temps à se préparer : à peine réveillée, j'étais déjà en retard. Hop, une méga protection pour éviter d'inonder le wagon, et voici La Lutine en mode marathon : Surprise !  A mon réveil, ma War'Rieuse Américaine était là pour nous aider !

20170715_134742

La voilà en vélo, ouvrant la voie à mon fauteuil roulant poussé par la Lutine au galop. Elle sue, rue, se cabre et me fait dévaler les rues à fond les ballons ! C'est une course de fond qu'elle entreprend alors que La-Soi-Fée est secouée, la tête bien ficelée, mais sacrément bringueballante, à croire qu'elle va se retrouver collée au béton à chaque petit trou dans le goudron.  Je serre les fesses et tend à rester scotcher dans mon panier. Arrivées à temps à la gare, La-Soi-Fée essaye de calmer ses tremblements, quand son AVS croit mourir en suffocant...

L'attente se prolonge sans voir arriver la moindre voiture aménagée. Seuls deux aiguilleurs sont sur les voies : "Help !  On est là et on a une correspondance à Strasbourg dans trente minutes. C'est décidé, on prend le dernier train qui passe ! "

 

Manque de pot, le RER est l'ancêtre des machines actuelles : deux énormes marches nous accueillent à l'ouverture des portes. Merdouille, rien pour grimper, ni monte charge, ni rails, ni hélitreuillage !  Nous voilà déjà coincées à 1,5 kilomètres de ma maisonnée !! qui dit mieux ?

Mais voilà que nos charmants aiguilleurs se font Sauveurs : une planche est déposée et voici les Costauds en train de me transbahuter dans le wagon en criant : " c'est bon !". Les portes se referment....

 

20170715_144701

Les autres correspondances se passent magnifiquement bien, et ma petite tribu peut souffler. Enfin on va arriver ... Quand arrive soudainement une envie pressante d'uriner. Ah, vous croyez que c'est facile de faire ça simplement devant les gens, coincée dans mon fauteuil roulant  ?

En fait, faire pipi en public, c'est toute une technique  ! Si vous lâchez tout en même temps, vous êtes certains d'y mettre les pieds dedans. Il faut raisonner le périnée en évitant de donner l'impression de boulotter un hamster mort-né collé au palais : sourire aisément, regarder devant, faire du goutte à goutte et surtout tenir dans le temps.

 

Ça y est, l'éponge a fait effet et Mon Terrien Préféré est là avec la camionnette pour nous embarquer à l'étape finale. Bienvenue à la Turballe !