Mardi matin, je devais me rendre chez mon Attrape-Colères en ambulance comme tous les15 jours.

Bizarrement, alors que tous les les terriens font les Pères-Noël dans les magasins, les ambulances sont prises d´assaut comme si les médecins faisaient des promos sur leurs consultations de fin d´année, ou que tous les handicapés utilisaient ces traîneaux pour acheter leurs cadeaux.

Dans tous les cas, mes ambulanciers habituels ont déclaré forfaits et ont délégué le voyage de La-Soi-Fée à une autre équipée.

A l´aller, aucun soucis avec Harry et Willy, qui pourraient jouer leurs propres rôles dans un film de Kusturica : humour, gaieté, grains de folie et respects....le tout dans une ambiance musicale et presque amicale, donnant au trajet une ambiance décalée, adorablement déjantée.

Au retour, par contre, alors que la SLA me prédit une espérance de vie entre deux et cinq ans, de "nouveaux" ambulanciers l´ont largement abaissée au temps d´un trajet !

Petit récit de mon épopée :

Alors que j´attendais mes chauffeurs dans la salle d´attente, le dos tourné à la porte d´entrée, et en pleine discussion avec La Lutine qui m´accompagnait, j´entends appeler mon nom dans le couloir : je les préviens que je suis là et j´entends derrière moi : "nous sommes les ambulanciers !"
Réponse de La-Soi-Fée : "j´entend bien mais je ne vous voit pas !"

Pas plus réactifs que ça, et toujours derrière moi, ils foncent vers La Lutine pour s´enquérir :
- "Et elle a le bon de transport La Dame ?"

Les dés étaient jetés : pendant ce trajet, La Grande Courgette se ferait Aveugle et Muette !

peur
Laurel et Hardy m´ont remonté en marche arrière, et poussé de trottoirs en virages, sans que je n´ai pu apercevoir leurs visages. Au moment de m´installer sur le brancard, Laurel se rend compte que le caniveau n´est pas très adapté à un transfert en position allongée.

 

La-Soi-Fée attend donc au milieu de la chaussée, qu´une voiture veuille bien éviter de l´écraser et la transformer en purée ! Laurel et Hardy déplacent le camion et...et bloquent ainsi la circulation.

Puis, confondant vitesse et précipitation, Laurel me prend sous les aisselles, mais son conjoint oublie de serrer les freins de l´engin, qui se fait la malle, s´éloignant dangereusement de mon popotin...Les réflexes retrouvés, ils sauvent La-Soi-Fée d´une chute prédestinée ! (Ouf !)

Les deux rigolos me posent comme ils le peuvent, dans leur cercueil en hauteur : couchée tout en bas du brancard ; les jambes repliées (car plus la place d´y installer mes pieds) ; les bras ballants, et le bas du dos largement aéré par leurs prises brouillonnes et répétées, ... La Lutine et La-Soi-Fée (pour une fois) n´ont pas osé broncher, de peur qu´on les retrouve décomposées dans un coin, abandonnées par ces deux Illuminés.

Durant le trajet, je serrais les fesses dans les tournants, La Lutine me protégeant, pour m´éviter de laisser mes dents de devant dans le casier "antiseptiques et désinfectants" ! Je la voyais verdir au fil du temps, alors que l´ambulance montait à 130, en zigzaguant sans clignotants.


Soulagées d'être arrivée, il me restait à poser mon postérieur sur mon fauteuil à moteur ....mais Hardy a mal sorti le brancard, qui s´est installé sur ses roues de côté, faisant rouler La-Soi-Fée, prête à tomber, sous les hurlements d´une Lutine horrifiée !

Pâlotte, ils m´ont récupéré et m´ont relevé, pour mal viser et m´installer sur l´accoudoir, ....qui s´est niché entre mes muscles fessiers tellement douillets depuis que je suis handicapée, que je me suis révoltée, en lâchant un cri aussi vulgaire que nécessaire :
- "P..... de m..... ! vous me faites mal ! c´est quoi ce B..... ?!!"

Enfin à la maison, on s´est posées et décomposées, avant de partir pour un grand rire nerveux et salvateur :

Après cette épopée complètement givrée, je supplie les ambulanciers de la "Bock'Family" de ne plus m´abandonner...sauf si c´est pour me laisser voyager en sécurité dans un nld,
conduit par Harry et Willy !
(dis Pascal, stp tu transmets ?!)